Garanti sans intelligence artificielle
C'est un article à la longueur peut-être un peu démesurée par rapport à l'importance qu'il a tenu dans l'histoire des Rancy que je voudrais consacrer aujourd'hui au dompteur Jim Frey. Vous savez ou non que Sarah Caryth et son mari, André Rancy, avaient acheté à la fin de la saison 1954 à Saint Maximin, près de Chantilly dans l'Oise, une propriété des Rotschild appelée " La Grande Folie ". Sarah et Jim Frey y montèrent un numéro de lions destiné à être présenté d'une façon un peu originale. au milieu des bois, en retrait de la route, le cadre et la calme du lieu se prêtaient bien à la quiétude que nécessitait un tel dressage. C'est là que la dompteuse, pourtant chevronnée, a failli trouver la mort devant la lionne Sandra qu'elle connaissait pourtant bien et qu'elle soignait comme elle le ferait d'un enfant. Car Sandra était malade. Un fauve est un meurtrier en puissance. Les gens du métier le savent bien. L'expérience prouva, une fois de plus, qu'une bête familière pouvait attenter à la vie de ceux qui s'occupent d'elle tous les jours. Ils ne voient pas, ils ne sentent pas, ils n'apprécient pas comme les humains. Il n'en est pas moins vrai qu'ils pensent de façon intelligente et qu'ils agissent en conséquence. Pour en revenir à Sandra, elle avait eu à deux reprises des abcès à la gorge. Depuis quelques jours, elle refusait de s'alimenter et montrait une apathie inquiétante. Il semblait même que la lionne avait une nouvelle " grosseur " sous la mâchoire et Sarah Caryth l'avait quand même fait passer dans la cage de travail afin de lui permettre de s'ébattre et de pouvoir l'observer plus à l'aise. Sandra se coucha et s'obstinait à ne passe lever. Elle risquait d'avoir froid. Sarah s'en inquiéta et résolut d'entrée dans la cage pour lui faire réintégrer un sabot préalablement garni d'une litière épaisse de paille fraîche. Que se passait il dans la tête du fauve ? Sans doute eut elle peur qu'on touche à son abcès ? Fut elle frappée d'un accès de folie passagère ? Toujours est il que, sans que rien ne le prédisait, Sandra, l'agonisante, se détendit comme un ressort et bondit sur la dompteuse. Avec une présence d'esprit et un cran remarquables, celle-ci contra le fauve à coups de fouet. Loin de rompre, la bête se déchaînait de plus belle, lançant de furieux coups de pattes. Sandra attaquait toujours en rampant, ses pattes passaient bien près du corps de la dompteuse qui cédait du terrain pied à pied. Sarah se trouva bientôt dans un coin de la cage montée en rectangle. Sa situation était critique. Lorsque Jim Frey vit la lionne se dresser sur les pattes de derrière pour la coiffer, il fit irruption dans la cage avec pour seul élément de défense, un fouet même si un tabouret aurait mieux fait l'affaire. Il cingla l'arrière-train de Sandra pour l'obliger à se retourner. Le fauve le fit avec une rapidité telle que le dompteur se sentit accroché à son tour au bras gauche qu'il laboura profondément. Le sang giclait. Galvanisé par l'esprit de conservation, Frey appliquait à toute volée de sa main solide, une série de coups de manche du fouet sur le mufle de la lionne qui recula enfin. Sarah Caryth et Jim Frey purent alors sortir, couvets de sang, mais aussi à bout de souffle. La dompteuse s'en tira indemne. Le dompteur se dirigea vers l'hôpital Saint-Antoine où il passa la nuit, et Sarah fut sauvée par un vétérinaire. Ah ! j'oubliais de dire une chose : tout ceci se passa un 24 décembre....
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