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Virginie Kenebel, de son vrai Marie-Virginie Kenebel, nom encore parfois écrit Kennebel, Knebel, Knoebel ou encore Kénébel, fut une écuyère française ayant excellé dans les domaines de la voltige et de la danse équestre, née en 1819 à Lyon et décédée en 1884 à Paris. Elle était issue du monde circassien puisque ses parents s'appelaient Sophie Avrillon, un vieux nom du cirque français et Louis Knoebel, nom probablement francisé en Knebel, puis Kénébel, écuyers aguerris qui avaient rencontré le succès chez Christophe de Bach, puis Alessandro Guerra, avant de rejoindre d'autres compagnies, dont celle de Jacques Tourniaire, l'importateur du cirque en Russie, celle de Loisset, et même de fonder leur propre troupe. La première apparition de Virginie Kenebel remonterait eu milieu des années 1820 - elle avait donc à peine dix ans - assurant les reprises équestres de ballets dansés parmi lesquels la " Cachucha ", danse folklorique espagnole, puis " La Sylphide et l'Ecossais ", tableau inspiré par Marie Taglioni, d'où le surnom distingué de " Taglioni équestre " souvent donné à Virginie, Marie Taglioni étant la fille de Filippo Taglioni, maître de ballet à l'" Opéra de Paris ". Sa période d'activité, qui s'étend donc de 1820 jusque 1880 environ, correspond aussi à l'apparition sur les pistes du " panneau ", sorte de selle plate permettant aux écuyères d'effectuer des pas de danse sur le cheval. Virginie Kenebel fut l'une des toutes premières écuyères à réaliser cet exercice. En 1837, elle se produisit notamment avec ce numéro au " Cirque des Champs Elysées " de Dejean, ainsi qu'au " Cirque Olympique " également dirigé par ce derneir. Mais, avant cela, elle avait une carrière déjà réussie, marquée par un succès et une popularité croissants, au point de devenir la vedette de la famille. Au " Cirque des Champs Elysées ", c'est Adolphe Franconi, fils de Henri Franconi et donc petit-fils 'Antonio, qui était le régisseur. On dirait aujourd'hui le directeur artistique. Laurent Franconi, l'un des plus grands maîtres équestres de sa génération, et son fils Victor étaient également de la partie. On raconte que ce fut ce dernier qui engagea Virginie Kenebel qui n'avait alors que dix-huit ans et s'était vue proposer un contrat de 1500 francs par an, soit environ 30000 dollars de nos jours. Dans le spectacle du célèbre établissement parisien, elle était en bonne compagnie puisque d'autres écuyères de renom l'accompagnaient, à l'image de Antoinette Lejars, née Cuzent, véritable star du cirque de l'époque. François Baucher, considéré comme le plus grand écuyer de son temps et même davantage, et qui était également le directeur équestre de l'établissement, présentait un numéro de haute école. Virginie Kenebel s'éprit de Victor Franconi, alors âgé de vingt-six ans, ce qui n'était pas du goût de Sophie et Louis Kenebel. L'affaire fut même portée au tribunal, mais l'avocat des Franconi fit remarquer que Virginie avait l'âge de la majorité et que rien ni personne ne pouvait s'opposer à ce mariage. Les Kenebel quittèrent alors Paris sans leur fille. En 1844, Virginie se produisit au tout nouveau " Cirque des Champs Elysées ", initié par Dejean, et bâti près du Rond-Point des Champs Elysées. Louis Dejean léguera ensuite ses deux cirques à un certain Jules Gallois, non issu du milieu, qui eût toutefois la bonne idée de conserver la famille Franconi pour s'occuper de la partie artistique des deux établissements. De fait, Virginie et Victor continuèrent de s'y produire en compagnie d'autres vedettes de l'art équestre de l'époque comme Gaëtano Ciniselli et son épouse, Adélaïde Hinné, Camille Leroux, Laura Bassin ou bien la grande Caroline Loyo. Entre temps, Virginie et Victor eurent un fils, prénommé Luigi Charles, dit Charles Franconi, né en 1844 en Italie, avant d donner naissance à une fille, Marie-Antoinette Angélina deux années plus tard, née, quant à elle, à Passy. En 1856, une deuxième fille naîtra à Brucourt dans le Calvados, Marie-Louise Laurence Victorine. Virginie Kenebel sera désormais connue sous le nom de Madame Victor Franconi, elle qui avait, en effet, arrêté sa carrière avant la naissance de son premier enfant - on n'aurait donc pu la voir chez les Rancy - une carrière qui dura quand même près de vingt ans. Victor Franconi, après avoir créé avec Laloue le premier hippodrome de la capitale, l'" Hippodrome des Champs Elysées ", situé près de l'Arc de Triomphe, puis l'" Hippodrome de l'Etoile ", continua ensuite à travailler pour Dejean qui, dans l'intervalle, avait repris à Gallois le " Cirque des Champs Elysées " qui deviendra " Cirque d'Eté ", mais aussi le " Cirque d'Hiver ", deux établissements parisiens dont Franconi sera l'acquéreur en 1873 à la cessation d'activités de Louis Dejean. Son fils Charles succédera à son père en 1897. Quant à Virginie Kenebel, elle décédera à l'âge de 65 ans le 31 août 1884 dans la résidence familiale de Passy qui faisait alors partie du huppé 16ème arrondissement de la capitale. Elle sera enterré au cimetière du Père Lachaise avec une partie de la famille Franconi. Intruse dans la grande histoire des Rancy, Virginie Franconi-Kenebel, du temps de son vivant, l'était effectivement, mais ce ne sera plus le cas plus tard, lorsque des membres de la grande dynastie des Franconi feront leur entrée dans la non moins grande dynastie des Rancy et ce, par le biais de Tilly qui, rappelons le, était la fille de Angéline Franconi, fille de Bastien, lui-même fils de Henri et donc neveu de Laurent dont le rejeton, Victor, était l'époux de Virginie. Quelle histoire !
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